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vendredi, avril 18 2008

« Il y a longtemps que je t'aime »

J'ai trouvé le début assez dépersonnalisé. Juliette, jouée par Kristin Scott Thomas, est comme absente. Elle est là physiquement, mais mentalement, il n'y a plus personne. Ce qui laisse de grands blancs un peu partout. Elle ne cherche pas expliquer, elle était en prison, point. Pour elle, il n'y a rien de plus à savoir. Elle n'est pas révoltée contre ce qui lui est arrivé, non, pas du tout. Elle est sans vie. Sa soeur, Léa, jouée par Elsa Zylberstein, est tout le contraire : elle surjoue, essaie d'être joyeuse, d'être positive, d'être à l'écoute de sa soeur qu'elle n'a pas vu depuis sa détention (elle était jeune ado quand c'est arrivé et ses parents lui avaient interdit de revoir sa soeur aînée).

Bref, je ne suis pas rentré dans le film au début. Je pensais que c'était dû à un mauvais jeu des actrices (sous-joué par Kristin, surjoué par Elsa). On apprend tout au long du film le passé de Léa mais surtout celui de Juliette, par petites touches : sa durée de détention, le pourquoi de son emprisonnement (la raison de la société car Juliette ne dit jamais rien). Quand j'ai fini par comprendre la raison de Juliette pour avoir accompli cet acte monstrueux, je me suis dit que ça allait tomber dans le pathos le plus ridicule. Et là, j'ai assisté à une scène magnifiquement interprétée par Kristin et Elsa où les deux personnages s'expliquent enfin. Contrairement à Pascale, j'ai trouvé cette scène magnifique. J'en suis encore bluffé, j'ai versé ma petite larme (ce qui est très peu fréquent, mais là c'était trop fort). Et j'ai fini par comprendre le pourquoi de la froideur, du mutisme de Juliette, j'ai compris le pourquoi du surjeu de Léa (notez que je parle des personnages, pas des actrices). Ce que j'avais pris pour un mauvais jeu des actrices n'était que le résultat d'une excellente interprétation des personnages par Kristin et Elsa et du profond malaise que cela générait chez moi.

Pourtant, je n'ai jamais été particulièrement impressionné par ces deux actrices. Je n'ai jamais vu Elsa dans un film où je me suis dit : « Whaou, ça, c'est un vrai jeu d'actrice ». Pareil pour Kristin. Mais là, quelle claque. Et cette scène, quelle incroyable scène. Elles sont vraiment habitées par leur rôle respectif.

En sortant du scénario, la musique de Jean-Louis Aubert est omniprésente et colle parfaitement aux événements. Et la photo est encore mieux.

Donc c'est un très bon film. Mais attention, digérer ce film va demander du temps. Évitez de prévoir quoi que ce soit après avoir vu ce film parce que vous n'arrêterez pas d'y penser.