dimanche, novembre 18 2007, 23:25
« Over There »
Par Guillaume Lelarge - DVD - Lien permanent
Clairement une de mes séries péférées (peut-être même ma série préférée avec « À la maison blanche »).
Cette série racontre le quotidien d'une section de l'armée américaine qui arrive en Irak. Ils ont l'air d'un peu tout le monde : beaucoup sont dans l'armée pour avoir une bourse d'étude, un autre pour se « racheter » de peits délits dans le civil (mesure judiciaire, je suppose). Bref, pas forcément des tueurs sanguinaires, ni des bourreaux, ni des chauvins en mal de vengeance du 11 septembre. Vraiment rien de tout cela.
Dès leur arrivée, ça chauffe. À peine arrivés en Irak, lors de leur premier convoi, ils sont attaqués près d'une mosquée. Celle-ci joue un rôle particulier dans cet épisode car ils ne pourront pas vraiment attaquer, surtout avec la présence de la presse à côté. Du coup, ils attendront longtemps à observer ce qu'ils se passent, à tuer le temps. Puis vient l'attaque. Ils vont tuer des hommes et cela en bouleversera beaucoup d'entre eux. Le reste des 13 épisodes est du même calibre : des hommes et des femmes sans animosité envers les Irakiens (tout du moins au début) qui vont devoir tuer des hommes parce qu'ils doivent obéir mais surtout parce qu'ils doivent survivre. Tous les sujets de la guerre en Irak seront abordés : la mort, les mutilations, les américains d'origine arabe, le massacre de civils, la torture, le fait de tuer un homme sans être sûr qu'il est du mauvais camp, les kidnappings de journalistes, les problèmes avec les médias, les prisons minables et mal gardées, les butins de guerre, les prises d'otage, les orphelins, les ONG, les soldats iraquiens, les surveillances de convoi, le racisme, les désertions, etc. Mais sans oublier la vie des familles de soldats : la réaction de la femme de Bo (qui sera mutilé dès le second épisode), la réaction de la femme de Dim, qui le trompe allègrement, se saoule, etc., la réaction du mari de Double XL... Seul point oublié à mon souvenir : les mutilations volontaires. Il ne faut pas oublier leur groupe. Ils sont tous dans la même galère mais ils semblent si différents : de par leur origine géographique, de par leur origine sociale, de par leur couleur de peau, de part leur scolarisation. Cela va générer de nombreux conflits entre eux. Mais ils finiront par se souder, par former une équipe, une vraie. Un peu comme leur aguerrissement. Ils sont arrivés jeunes soldats, pas défraîchis. Et on les voit évoluer, devenir de « vrais » soldats. Ils ont appris à se battre et à tuer, sans plaisir. L'envie de survivre les rend performant à tuer.
Bref, les histoires sont très prenantes, on tremble pour eux, on est choqué de ce qu'ils leur arrivent. Et on est accroché du début à la fin.
Les acteurs sont vraiment très bons. Personne de connus sauf le sergent Scream (Erik Palladino qui avait notamment joué dans Urgences).
La photo est magnifique. Que ce soit pendant les déplacements, ou pendant les nombreuses attentes dans leur vie de soldat, les paysages sont magnifiques. Pendant les combats, c'est (malheureusement ?) très vivant... on se croirait dedans.
La série s'est arrêtée après 13 épisodes. 13 épisodes d'une remarquable qualité humaine et technique. D'une certaine façon, c'est bien. Ça évitera de tomber dans le nul ou dans la redite. D'un autre côté, j'aurais aimé connaître la suite des aventures des hommes du sergent Scream et des deux femmes chauffeurs... même si je tremblais pour eux pendant tous les épisodes (y compris, et surtout, le dernier).
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