Il y a facilement plus d'une dizaine d'années, je suis tombé sur un film, certainement allemand. Ce film relatait la vie du groupe de la Rose Blanche. Ce groupe de jeunes étudiants allemands avait décidé de lutter pacifiquement contre les idées d'Hitler, contre la guerre, contre le racisme. Comment pacifiquement ? par des tracts écrits notamment par Hans et Sophie Scholl qui s'inspiraient de Goethe et Aristote, distribués par eux. C'était la première fois que j'entendais parler d'Allemands résistant contre le nazisme, j'étais à la fois stupéfait, ébahi et effondré (oui, pour ce dernier point, comment avais-je pu passer à côté de ça avec tous les bouquins que j'avais pu lire sur cette période de notre histoire ? qui avait pu tenter de cacher le fait que des Allemands avaient résisté ? comment ai-je pu croire qu'aucun Allemand n'avait résisté ?). Le film était très intéressant, l'histoire à la fois horrible et passionnante. À la fin du film, j'en avais les larmes aux yeux. J'ai voulu tout savoir sur ce groupe, sur les personnes qui le composaient. Je me suis donc renseigné, j'ai lu le livre d'Inge Scholl, la soeur de Sophie (« La rose blanche, six Allemands contre le nazisme »). J'ai même acheté (ou fait acheter) un rosier à mes parents... ça fait plus de dix ans et il tient toujours. Il tient certainement mieux que n'importe quelle autre plante dans leur jardin... il est magnifique au printemps. Du coup, je dois avouer qu'après avoir entendu parler de ce nouveau film, j'étais à la fois très content et très anxieux.

Le film que j'avais vu sur Arte relatait surtout la période précédant l'arrestation de Hans et de sa soeur. « Sophie Scholl, les derniers jours » s'attarde sur les six derniers jours de la vie de Sophie, la période qui suit l'arrestation : emprisonnement, interrogatoires, exécution. Tout ça grâce à des archives de l'ex-RDA, déclassées depuis quelques années. Autant le dire tout de suite, vous ne verrez pas de tortures, vous n'êtes pas dans un épisode d'Alias. Vous aurez plutôt droit à un débat entre une jeune femme, Sophie Scholl, plaçant sa conscience au-dessus des lois de son pays et un agent de la Gestapo, Robert Mohr, plaçant les lois (du Troisième Reich) au-dessus de tout.

Je n'ai pas très envie de parler de ce qui constitue aussi le film, à savoir les décors, les costumes, la musique, la photo... je m'en fous en fait pour ce film. Ils sont biens, c'est clair. Mais, l'important, c'est l'histoire et les dialogues. Et croyez-moi, c'est un vrai tour de force.

Comme le dit Zéro de conduite, le film se concentre sur Sophie Scholl mais n'oublions pas qu'elle n'était pas seule. Il y avait aussi son frère, il y avait Christoph Probst, Willi Graf, Alexander Schmorell. Leur rêve n'était pas de privilégier un courant politique ou un autre. Leur rêve était que l'Allemagne soit grande par ses réalisations techniques, artistiques, politiques, sociales, éducatives... mais pas par la guerre et par les tueries.

Deux liens intéressants, Sophie Scholl, la rose blanche et Salles obscures (pour ce dernier lien, lire le commentaire de Rue Saint-Ambroise avec lequel je suis entièrement d'accord).

Je finirais avec ceci, la plus belle phrase que j'ai lu sur eux : « Hans et Sophie Scholl étaient croyants. Ils n’ont pas pris les armes, ils n’ont tué personne. La seule vie qu’ils ont sacrifiée, c’est la leur. »

À voir, à revoir, à emmener voir.